parlonsdata.fr Récentes Les plus lus
Un ébéniste se tient devant une grande armoire ancienne en bois rouge avec des dorures.

À Montpellier, le Cabinet doré n’a plus qu’une clé

Une seule clé subsiste face aux quatre serrures du Cabinet doré. Cette armoire monumentale de la seconde moitié du XVIIe siècle vient pourtant de franchir une étape décisive : fragilisée par des insectes et affaissée lors de son déplacement, elle a été consolidée dans l’atelier montpelliérain de Mickaël Amant.

Longue de 3 mètres, profonde de 70 centimètres et haute de plus de 2,35 mètres, la pièce ne pouvait plus être manipulée sans intervention. Elle doit désormais être démontée puis conservée en réserve, dans l’attente de son installation au futur Centre d’histoire et de la mémoire.

Par la rédaction de parlonsdata.fr, le 1er août 2026, d’après les informations publiées par En Commun – Montpellier.

Quatre serrures et une seule clé conservée

Le dispositif de fermeture constitue l’une des singularités de l’Armoire dite Cabinet doré. Elle possède quatre serrures, mais une seule clé est encore disponible. Cette configuration a nourri une hypothèse : l’ouverture du meuble aurait pu exiger la présence simultanée de plusieurs dignitaires, chacun détenant une clé.

Aucun élément présenté dans la source ne permet toutefois d’établir formellement cet usage. La disposition des serrures témoigne au minimum d’un contrôle particulièrement rigoureux de l’accès au contenu de l’armoire. Les trois clés disparues devront être reproduites à partir du seul exemplaire conservé.

Deux mois pour consolider un bois attaqué

Le meuble se trouvait depuis les années 1980 au Musée du Vieux Montpellier, établissement consacré à l’histoire de la ville du Moyen Âge au XIXe siècle. Sa fermeture, à la fin de 2024, a rendu son déplacement nécessaire. C’est alors que l’ampleur de ses fragilités est apparue : l’armoire s’est affaissée pendant la manutention.

Mickaël Amant, ébéniste et restaurateur de mobilier et d’objets d’art des XVIIe au XIXe siècles, a obtenu le chantier après un appel d’offres. Dans son atelier de la rue Thérèse, à Montpellier, il a travaillé pendant deux mois à la conservation de la pièce.

Le bois avait subi une forte attaque de xylophages. Ces insectes et leurs larves creusent les matériaux ligneux, affaiblissant la structure et les assemblages. Avant la consolidation, l’armoire a donc été traitée par anoxie : placée dans un espace clos privé d’oxygène, elle a été débarrassée des insectes à leurs différents stades de développement, des œufs aux adultes. Cette méthode muséale évite d’altérer les matériaux anciens et leurs pigments.

À Montpellier, le Cabinet doré n’a plus qu’une clé

Une résine injectée au cœur des pièces fragiles

L’élimination des xylophages ne suffisait pas à rendre le meuble stable. Mickaël Amant a injecté une résine synthétique destinée à durcir les parties dégradées. Les pièces ont été enfermées dans une poche mise sous vide afin d’en retirer l’air et de faciliter la migration du produit dans la masse du bois.

Cette consolidation permet ensuite de reprendre les assemblages cassés et de restituer certains éléments manquants. L’intervention relève d’abord de la conservation : elle vise à rendre de nouveau manipulable une armoire dont la structure ne supportait plus son propre poids dans de bonnes conditions.

L’inventaire de 1875 décrit une armoire rouge, noire et dorée

Le Cabinet doré apparaît dans « l’inventaire du mobilier des archives de la Ville de Montpellier », établi le 25 mars 1875. Il décorait alors une pièce appelée salle de l’Armoire dorée. Le document le présente comme une armoire en bois blanc, peinte en rouge et noir, avec des applications d’or.

Son origine plus ancienne demeure prudente. Selon Christine Feuillas, directrice des archives de Montpellier, le meuble proviendrait de l’évêché avant d’avoir été conservé aux archives départementales. Cette formulation laisse subsister une part d’incertitude sur son parcours initial.

Une place prévue dans le quartier des Beaux-Arts

Le Musée du Vieux Montpellier doit renaître au sein du Centre d’histoire et de la mémoire, annoncé vers 2030 sur le site des anciennes Archives départementales, dans le quartier des Beaux-Arts. L’armoire restaurée devrait y rejoindre la salle de lecture des archives, où elle pourra être vue par le public.

D’ici à cette installation, elle sera démontée et stockée dans des conditions adaptées. Les trois clés manquantes doivent encore être refaites en prenant pour modèle l’unique clé parvenue jusqu’à nous.

Source: En Commun – Montpellier

Commentaires

Pas encore de commentaires. Soyez le premier !
Rédaction parlonsdata.fr

Rédaction parlonsdata.fr

Rédaction parlonsdata.fr assure la revue editoriale, la verification des sources et la clarte des informations publiees par parlonsdata.fr.

Plus d'histoires