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La place Royale à Nantes avec sa fontaine historique et ses bâtiments en pierre.

À Nantes, les résistants qui ont ouvert la voie aux Alliés

Le 12 août 1944, à 10 heures, le drapeau français est hissé sur la façade centrale de l’hôtel de ville de Nantes. Dans la cour d’honneur, les élus municipaux, les Forces françaises de l’intérieur et les membres de la Défense passive saluent les couleurs, tandis qu’une foule encore peu nombreuse entonne La Marseillaise.

Après quatre ans et deux mois d’occupation nazie, cette scène marque le retour de la liberté dans une ville encore secouée par les explosions. Les troupes américaines ne sont pas encore entrées en nombre et plusieurs quartiers du sud de la Loire restent occupés.

Par la rédaction de Parlons Data, d’après le récit historique publié par Nantes, ville et métropole et les documents cités des Archives de Nantes.

Du signal de la BBC à l’ordre de mobilisation

Depuis le débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie, l’armée allemande recule dans l’ouest de la France. La libération de la Loire-Atlantique, alors appelée Loire-Inférieure, commence le 3 août à Derval, dans le nord du département.

Autour de Nantes, les maquisards et résistants sont regroupés au sein des Forces françaises de l’intérieur, les FFI. Le 7 août, la BBC diffuse depuis Londres une phrase codée attendue par les maquis bretons : « Le chapeau de Napoléon est-il toujours à Perros-Guirec ? » Elle donne le signal du soulèvement général.

Du 7 au 11 août, des résistants venus du sud-Loire s’infiltrent dans Nantes avec des combattants locaux auparavant contraints de fuir la répression nazie et vichyste. Un poste de commandement clandestin est établi à l’institut Bethléem, dans le secteur du Petit-Port.

À Nantes, les résistants qui ont ouvert la voie aux Alliés

Une ville stratégique que les résistants veulent épargner

Le port, les installations industrielles et les voies de communication font de Nantes un objectif stratégique pour les Alliés comme pour l’occupant. La participation locale doit faciliter l’avancée américaine tout en limitant les destructions dans une ville déjà éprouvée par la guerre.

Le 5e Bataillon FFI, commandé par le capitaine Grangeat sous le nom d’Alain, est mobilisé pour l’opération. Selon le récit municipal, son commandant convainc les Américains de ne pas bombarder Nantes.

Le 11 août, les « soldats de la nuit » transmettent leur ordre : les Américains doivent attaquer à l’aube le lendemain et la mobilisation générale est fixée à l’école du Loquidy, boulevard Michelet. Les FFI deviennent ainsi l’avant-garde d’une libération menée avec les forces alliées.

Ponts détruits et voies minées au matin du 12 août

Durant la nuit, explosions, canonnades et fusillades retentissent au nord et à l’ouest de Nantes. Avant de se replier vers le sud-Loire, le commandement allemand fait sauter des quais, des navires, les ponts d’Haudaudine et de Pirmil, une partie du pont de la Madeleine ainsi que des installations portuaires.

À l’aube, l’état-major des FFI s’installe place du Maréchal-Joffre, dans les anciens locaux du 11e Corps d’armée abandonnés par la Kommandantur. La présence résistante permet de reprendre des points de commandement avant l’arrivée du gros des unités alliées.

À Nantes, les résistants qui ont ouvert la voie aux Alliés

Fernand Soil, secrétaire général de la mairie, note que deux véhicules américains transportant un officier atteignent l’hôtel de ville à 12 h 20. Le reste des troupes motorisées demeure bloqué au Pont-du-Cens, les accès ayant été minés par les Allemands.

De jeunes FFI assurent le déminage au péril de leur vie. À 16 heures, le passage est ouvert et les colonnes américaines entrent dans Nantes par les rues de Rennes et de Strasbourg.

La liberté revient quartier après quartier

Dans la cour d’honneur de la mairie, le maire Henri Orrion et le conseil municipal attendent les libérateurs. Au soir du 12 août, presque toute la ville a échappé au contrôle allemand, mais les quartiers Saint-Jacques et Sèvres, au sud de la Loire, restent occupés pendant quelques jours.

La Libération de Nantes ne tient donc pas à une seule entrée militaire. Elle résulte d’une succession d’actions coordonnées : infiltration des résistants, installation d’un commandement clandestin, reprise des bâtiments publics, déminage des accès et progression des unités américaines.

Les carnets de Fernand Soil fixent les heures décisives

Fernand Soil a consigné les événements nantais du 24 août 1939 au 5 juin 1945. Ses notes donnent une chronologie précise de cette matinée : les ponts détruits, l’arrivée des FFI à la mairie à 9 h 30, puis le drapeau français hissé trente minutes plus tard.

Le récit publié par Nantes Métropole s’appuie également sur les Archives de Nantes et sur les ouvrages de Jean-Claude Terrière et Dominique Bloyet consacrés à la ville et à la Résistance. Dans son carnet, Fernand Soil achève la description de la cérémonie par une phrase brève : « On entonne la Marseillaise. »

Source: Nantes, ville et métropole

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