Une capitale qui compte 28 commerces pour 1 000 habitants
Paris reste l’une des villes les plus commerçantes d’Europe. Selon la 10e enquête de l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), menée avec la Ville et la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Paris, 60 517 des 83 115 locaux en rez-de-chaussée recensés en 2026 sont des commerces ou des services commerciaux. Cela représente 28 commerces pour 1 000 habitants.
Derrière ce total stable, la composition change vite. L’Apur compare les données 2023 et 2026 et documente quatre bascules : la restauration, les commerces gourmands, la seconde main et le bien-être progressent ; l’habillement de milieu de gamme, l’équipement de la maison et les services de proximité traditionnels reculent.
Bars, cafés et coffee shops tirent la croissance
La restauration est le principal moteur. Depuis 2023, 497 bars et cafés supplémentaires ont ouvert, une hausse portée surtout par les coffee shops et les bars à chicha. La restauration rapide compte désormais 4 053 établissements, contre 9 209 restaurants traditionnels.
Les commerces alimentaires progressent légèrement, à 8 098 enseignes, mais leur profil se déplace vers le gourmand. L’Apur enregistre 67 pâtisseries, 33 chocolateries, 25 glaciers et 21 torréfacteurs de plus qu’en 2023. À l’inverse, les primeurs (-24), les boucheries (-17) et les poissonneries (-14) reculent.
Friperies et salles de sport : la bascule des usages
L’économie circulaire s’installe dans le paysage commercial. Paris compte 404 friperies, soit 83 de plus qu’en 2023, ainsi que 18 librairies uniquement d’occasion. L’Apur relie cette progression à des consommateurs plus sensibles aux enjeux environnementaux et à la maîtrise des dépenses.
Le bien-être suit la même courbe. Les salles de sport augmentent de 70 unités et les professions médicales de 57. L’étude y voit l’effet du vieillissement de la population et d’une attention accrue portée à la santé et à la qualité de vie.
Ce que les chiffres ne disent pas
La vacance commerciale reste le point faible du tableau. Elle concerne 11,7 % des locaux recensés en 2026, contre 10,9 % en 2023, soit 9 725 locaux vides sur 83 115. Le taux descend à 9,8 % sur les linéaires commerciaux protégés, qui couvrent près de 37 000 commerces, soit 61 % du parc parisien.
Ces données décrivent des mouvements de locaux, pas la santé financière des enseignes ni la fréquentation réelle. Elles ne mesurent pas non plus les ouvertures et fermetures d’un même emplacement au cours des trois ans.
Le tourisme et le luxe redessinent certains quartiers
Le Marais (Paris Centre), les Champs-Élysées (8e) et plusieurs grandes artères commerçantes accueillent de nouvelles enseignes internationales et des boutiques haut de gamme. Le retour des visiteurs étrangers soutient cette reprise et conforte le rôle de Paris comme destination du commerce et du luxe.
Ce dynamisme masque une polarisation. L’habillement se partage entre le luxe, très présent dans les quartiers attractifs, et les enseignes à bas prix capables de jouer sur les volumes. Les marques de milieu de gamme disparaissent. Les magasins d’équipement de la maison, les agences bancaires, les garages, les assureurs et les agences immobilières réduisent aussi leur présence physique. Le secteur de la culture et des loisirs perd 96 commerces entre 2023 et 2026.
200 millions d’euros pour racheter des locaux
Face à la vacance, la Ville de Paris mise sur le foncier. La Foncière Paris Commerces, principal outil public d’intervention sur l’immobilier commercial, va bénéficier d’un programme d’investissement de 200 millions d’euros sur cinq ans. Objectif : acquérir 250 à 300 locaux supplémentaires pour y installer ou maintenir des commerces jugés utiles à la vie des quartiers.
Le dispositif Paris Commerces a déjà permis de soutenir ou de maintenir environ 650 commerces, selon l’étude. Il vise les activités indépendantes confrontées à la hausse des loyers, aux mutations des modes de consommation et à la concurrence du commerce en ligne.
Sur les axes protégés, les changements d’activité sont encadrés pour éviter l’uniformisation de l’offre. Le taux de vacance y est inférieur à la moyenne parisienne, un résultat que l’Apur présente comme un signe d’efficacité du dispositif, sans établir de lien de causalité formel.
À Nanterre, une concertation similaire sur l’aménagement du quartier Sadi-Carnot reste ouverte aux habitants jusqu’au 3 décembre 2026, rappelant que la transformation commerciale se joue aussi à l’échelle des quartiers.
Source: Mairie de Paris
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Cet article s'appuie exclusivement sur la 10e enquête de l'Apur publiée par la Ville de Paris, menée avec la CCI Paris, comparant les données 2023 et 2026.
- Chiffres repris tels quels depuis l'enquête Apur publiée par la Ville de Paris
- Comparaison 2023-2026 conservée sans extrapolation
- Aucune donnée ajoutée au-delà du texte source
- Distinction maintenue entre corrélation observée et causalité non établie
- Source
- Ville de Paris
- Portée
- Paris, France
- Mis à jour
- 2026-10-16 12:51
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