Depuis la reconstruction de l’Hôtel de Ville après l’incendie de 1871, 108 figures de célébrités nées à Paris occupent les niches des quatre façades. Parmi elles, six femmes seulement. Elles ne sont pas visibles depuis le parvis, mais côté Seine, dans le jardin des appartements du Préfet, aujourd’hui jardin des combattants de la Nueve. Ce jardin ouvre au public les week-ends, ce qui permet de les approcher.
Un programme décoratif pensé comme un panthéon parisien
Après l’incendie de 1871, les architectes Ballu et Deperthes reconstruisent l’édifice dans un style Renaissance. Une commission spéciale des Beaux-arts sélectionne 108 personnalités — écrivains, artistes, scientifiques, hommes politiques — avec un prérequis strict : être né à Paris. L’architecte italien Boccador, concepteur du premier Hôtel de Ville en 1533, constitue la seule exception. Chaque statue est représentée au naturel, en habit d’époque, avec le nom et les dates lisibles sur l’œuvre. Les figures les plus prestigieuses, comme Molière ou Voltaire, occupent les niches du parvis. Les six femmes sont reléguées côté Seine, dans un espace longtemps invisible du passant.
Manon Roland, l’égérie des Girondins
Née en 1754 et guillotinée en novembre 1793, Manon Roland anime dès 1791 un salon fréquenté par les grandes figures de la Révolution. Elle devient l’égérie du groupe girondin. Le sculpteur Chatrousse la représente cheveux lâchés, un journal fermement tenu dans la main gauche. Sa statue est la seule des six que l’on peut apercevoir depuis la rue, même lorsque le jardin est fermé.

Madame de Sévigné, la plume du Grand Siècle
Veuve à 25 ans, jamais remariée, Madame de Sévigné (1626-1696) tient salon dans ses appartements de l’hôtel de Carnavalet. Sa correspondance avec sa fille, d’une sensibilité rare, décrit la vie parisienne de l’époque dans ses moindres détails. Le sculpteur Aizelin la figure coiffée d’une coiffure typique du Grand siècle, une lettre à la main.
Madame de Staël, l’opposante exilée
Fille d’un ministre de Louis XVI, Madame de Staël (1766-1817) s’impose dans le monde des arts et des lettres. Représentée en femme du monde avec éventail et diadème par le sculpteur Ferrarry, elle incarne une indépendance intellectuelle qui la conduit à résister fermement à Napoléon sous le Directoire. Assignée à résidence, elle s’enfuit et sa vie devient une suite d’exils jusqu’à la chute du régime.

Madame Vigée-Lebrun, peintre de Marie-Antoinette
Autodidacte, Madame Vigée-Lebrun (1755-1842) s’impose dans un monde de l’art alors très fermé aux femmes. Ses portraits de la reine Marie-Antoinette lui valent une immense renommée. Menacée sous la Révolution, elle fuit et parcourt les cours d’Europe, où les souverains s’arrachent son talent. Le sculpteur Pépin la dote d’une palette de peintre et d’une robe ornée d’une fraise, détail que l’on retrouve dans ses autoportraits.
Madame Geoffrin, mécène des Encyclopédistes
Veuve jeune, Madame Geoffrin (1699-1777) fait fructifier l’argent de son mari et décide d’octroyer des pensions aux artistes pour leur donner la liberté d’écrire. Elle finance ainsi Diderot et d’Alembert pendant la rédaction de l’Encyclopédie. Le sculpteur Franceschi la représente sans attribut, mais avec un geste d’éloquence.

George Sand, la scandaleuse assagie
Aurore Dupin, devenue George Sand (1804-1876), rompt avec son mari, adopte un pseudonyme masculin, s’habille en homme et vit de sa plume. Elle publie articles, essais, pièces de théâtre et romans, acquérant une réputation dans toute l’Europe. Le sculpteur Bourgeois choisit pourtant un portrait très assagi : chignon sage et voilette, en « bonne grand-mère ». George Sand meurt en 1876, quelques années à peine avant que sa figure ne trouve sa place sur la façade.
Une seule sculptrice parmi les grands noms
Rodin a réalisé la statue de l’encyclopédiste d’Alembert. Mais une seule femme figure parmi les sculpteurs de la façade : Hélène Bertaux, pour la statue du peintre Jean Siméon Chardin, façade rue de Lobau. Artiste reconnue pour ses œuvres monumentales, elle crée en 1881 l’Union des femmes peintres et sculpteurs et use de sa notoriété pour promouvoir l’éducation artistique féminine.
Les petites maquettes en plâtre de cinq de ces six statues sont conservées par la Ville. La statuette représentant Madame Roland est visible au musée Carnavalet. Le jardin des combattants de la Nueve, qui abrite ces six figures, ouvre au public les week-ends.
Informations pratiques
- Pour aller plus loin : l’Hôtel de Ville de Paris est entièrement reconstruit
Source: Mairie de Paris
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Cet article reprend les informations publiées par la Ville de Paris sur les six statues de femmes ornant la façade de l'Hôtel de Ville.
- Les noms, dates de naissance et de décès des six femmes proviennent de la source municipal...
- Les sculpteurs attribués à chaque statue sont ceux indiqués par la Ville de Paris.
- Le contexte historique de la reconstruction après 1871 et le nombre de 108 statues sont is...
- Les modalités d'ouverture du jardin des combattants de la Nueve sont celles mentionnées pa...
- Source
- Mairie de Paris
- Portée
- Paris
- Mis à jour
- 2026-09-17 09:38
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